Vieux rocs ridés
Immuables rochers battus par la mer des ans
Indifférents au vent qui tape contre les murs
L’œil bienveillant comme un murmure
Rocs ridés mais vaillants ils se taisent souvent
Ils partagent l’implicite avec le sourire
Savoir sans se perdre se quitter
Se retrouver sans se chercher
Chacun son cap et toujours ce plaisir
Plus forts que l’amour que la vie
Massivement indulgents
Ils pardonnent même à l'argent
Ou mieux encore ils oublient
Les vieux amis n’ont plus rien à se prouver
Leur vie coule comme une mélodie
En la mineur ou en si
Mais ils peuvent encore s’étonner
Comme surprennent parfois
La dentelle du brouillard nappant les champs
Le sourire volé d’une rencontre en marchant
La lumière claire d’un matin froid
Chez les vieux amis
Un cœur serein est à l’affût
Si prêt à tout écouter
Que plus rien n’est à inventer
Des ajustements tout au plus
Quelques détours de la vie
Jamais silences ne furent plus chauds
Battements du cœur plus profonds
Moments plus délicieusement longs
La vie comme sur un bateau
On peut aussi s’engueuler à perdre haleine
Cela finira toujours dans un rire
On peut tout se dire dans un sourire
Quand vient le hoquet il n’y a pas de haine
Celui qui jamais ne peut s'appuyer
Sur l’épaule d’un compagnon d'un allié
En lui murmurant simplement : « Mon vieil ami… »
Celui-là triste et seul passe à côté de sa vie
Ils ne mourront pas ensemble comme en amour
C’est sûr mais ils se retrouveront un jour
Dans la beauté infinie des choses
Là-haut parmi les anges pas moroses
Car oyez braves gens voici la bonne nouvelle
Le scoop enfin révélé sans chichi ni bagatelle
Quelque part dans l’azur violet
Se cache le jardin calme des vieux amis
C’est bien mieux que l'enfer ou le paradis
Et surtout surtout bien moins fréquenté
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