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lundi, 16 mai 2005

Sous l’auspice des rêves

Sous l’auspice des rêves une image s’est figée
Soutenue par l’imberbe inconscience
Etincelante et réelle entrechoquée
D’un baiser léger porcelaine et faïence
Elle a fleuri comme une aube en provence
Couleurs d’explosion d’amour inviolé
Jamais ne fut plus subtile essence
Quand l’aube a tout balayé

mardi, 10 mai 2005

Erreur 404, le rap du zap

Dès l'aub’, j'me dop’ radio, nouveau, tout beau, tout faux. Dodo.
Métro, je sors mon wap,  l’Nasqaq rame à Bourso. Bobo.
Bureau, je tchatt’, merveille, mais v’la qu’j'm'emmêle les mails. Mireille.
A la cafét, 'amphét, mais j'cal’ sur internet. Pas net.
Alors, râleur, j'repars dar’-dare à mon écran. A cran.
Je hache H-T-T-P, j'déroul’ mes U-R-L. Colère.
Pause, Echap, surfe à donf les maxi sites de gonz. En bronze.
J'divague hyperrelax dans le divin DivX. XX.
L'metamoteur s'emballe, embrouill’ ses fils de news. Ca m'rouille.
Hypno, gogol pas cool les hits de mon google. La gueule.
Je péte mon G-P-S, je fum' l'U-M-T-S. Détresse.
Je frapp' sur le clavier, j'essaim' mes S-M-S. OS.
Et sur les dix pt'it’ touch’, vl'a que ça touss' chez Bluetooth. Pas touche.
Je zipp mes fil’, je jazz’, trop d’meg, j'suis overflow. A l'eau.
Je tress' des spams, je hacke, wifi, je bittorrente. L’étreinte.
Y’a trop de blogs sur l'web, y’a trop de RSS. Qu’ça cesse.
L’amour l’amour c’est quand c’est où Je rentr’ chez moi. L’émoi
J’mendors sur mes pixels et là ça s’brouille d’enfer. Colère.

(Refrain)
Je rapp’, je zapp’, je wapp’, tu vois, en v'la d'l'info. Tout faux
Tu sais Mireille, j'sais plus quoi fair’ sur Planèt’ Terre. De l’air
Erreur 404, l'âm’ que vous pensiez trouver
N’existe plus ici ou bien s’est déplacée

dimanche, 08 mai 2005

La mort de Belzebuth

Tut tut tut
La cahutte
Sur la butte
Belzebuth
Prend son luth
Ou sa flûte
Tut tut tut
Belzebuth
Persécute
Mi Sol Ut
Ca chahute
C'est son but
On l’bizute
Mais la brute
Belzebuth
Bête en rut
A dit zut
A la pute
Belzebuth
Tout hirsute
Sous sa hutte
A l’scorbut
On dit Chut
Plus de flute
Ni de luth
C’est la chute
La culbute
Plus de lutte
Belzebuth
Sans volute
Parachute
Azimut

samedi, 07 mai 2005

Le spleen du légionnaire

Le temps est aboli
Règne de l’espace inutile

Motif 325 bis : ne pas de conformer au règlement

Il est interdit de ne pas interdire
Dans ce monde ici clos
Là-bas dans le monde libre
Le ciel est bleu blanc pas rouge
Peut-être y fait-il presque beau
Et la douceur mon Dieu la douceur
Mot banni mot sacrilège
On ne fait pas la guerre avec douceur
Douceur des aboiements sur la route
Le long de la colonne qui chemine
Dans le petit matin
Pour aller où ?
Douleur de l’oubli de la douceur

Motif 4.113 : se coucher ailleurs qu’aux endroits prévus

L’herbe chantante et vive de ton corps
L’anse abritée du port de tes bras
L’envol de ta chevelure d’aigle
Interdiction de stationner
L’eau claire de tes yeux
Ta nudité en moi comme un clair de lune
Lac secret la fraîcheur de ton sourire
Interdiction de se baigner

Motif 6.19 : tenue civile exagérément fantaisiste à l’intérieur d’une enceinte militaire ou à bord

Tout nu au milieu de la place d’armes
Saluer le colonel
Et pendant l’appel des couleurs
Faire pipi sur le gazon
Ou bien se coiffer d’un chapeau mexicain
Sur le dos un poncho multicolore
Fumer un long havane
Tandis que la foule en délire
Danse les clochettes au pied
Et dit mille fois Hare krishna

Motif 2.31 : briser ou détériorer volontairement du matériel ou des locaux militaires

Prendre un crayon à papier
Et violemment le casser en deux
En se moquant des représailles
Sur une feuille de papier blanche
Écrire de façon bien ordonnée
Merde merde merde

Motif 4.143 : indiscrétion verbale ou par écrit

L’indiscrétion c’est l’amour
Les hommes fatigués partiront à nouveau se battre
Les villages nettoieront leurs monuments aux morts
Sur la place de l’église
Mais il n’y a personne pour graver les noms
Tout le monde est mort
L’indiscrétion c’est la vie
Il est tout à fait indiscret de vivre
Il faut seulement obéir
Mon amour l’indiscrétion c’est de dire mon amour
Voler au ras des nuages qui passent
Sur la grisaille verte de la caserne
Effacer des murs le bruit des chars
Tracer sur sa vie le portrait d’une femme
Elle a les yeux de faon dans la rosée
Une façon de ne rien dire
Quant elle vient au creux de ma douleur
Je meurs dans ses bras
Elle a la grandeur terrible de l’océan
Je me noie dans ses vagues
Elle a les gestes fous et symphoniques
Des colères d’épis en étincelle
Je m’enivre de ses passions

Motif 2.01 : manquement grave aux devoirs et responsabilités du militaire au combat

S’étendre face au ciel
Et lire des poèmes de Federico Garcia Lorca
Tracer dans l’herbe pour les avions qui passent
Des lettres gigantesques
Qui rythmeraient le mot
AMOUR

lundi, 02 mai 2005

Le zéro et l'infini

Je suis un être nul
Littéralement
Equivalent à zéro
Le plus puissant et le plus neutre des chiffres et des hommes
Le plus puissant car il rapporte tout à lui
Zéro que multiplie n’importe quoi égale toujours zéro
Et oh délices zéro divisant quelque chose :
Voici l’infini qui prend corps
Le plus neutre aussi
Car on a beau ajouter zéro à deux carottes
Cela fera toujours deux carottes

Zéro, l’élément neutre de l’addition
Et l’élément singulier de la multiplication
C’est donc ainsi que je vis
Neutre et singulier
Ne pouvant rien multiplier je suis stérile
Mais tendant facilement à l’infini
Par n’importe quelle division
Ma progéniture sera innombrable
Diable !
Singulier, je ne peux communiquer
Chaque élément de la société qui se frotte à moi
Ne fait que glisser sur moi

Hélas, le zéro n’a pas de genre
Alors que même l’infini se partage
Entre l’atome et l’univers
Superbement indifférent
Zéro règne très haut
Aux confluents des origines et des fins dernières de la terre.
La solitude élément caractéristique de l’être nul
Et de son homologue zéro
Sera donc ma destinée
Mon hyperbole

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