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vendredi, 15 avril 2005

Elle tourbillonne

Elle tourbillonne sans connaître sa force
Moi je n’ai que des mots elle le tronc moi l’écorce
Incroyable elle entre sans permis dans mon cœur
Tandis que je gratte le sien coucou bonheur
Elle est la vie qui bouge avec elle tout est beauté
Elle est la compassion chez elle est tout est vrai
Elle souffre avec ceux qui souffrent
Elle sait pleurer comme un gouffre
Et moi je me terre de peur de sombrer
Je suis l’inassouvi le cœur buté
Et pourtant pourtant
Si j’avais le temps
Je lui dirais les mots ne sont pas que des mots
Ils sont aussi un bout d’âme brute un morceau
D’éternité
Oui j’ose
Je lui dirais
Que si mon bras est faible mon cœur lui est fort
Ca c’est vraiment nul disons autre chose
Il est une forteresse contre la mort
Que je bâtis autour d’elle mauvais maçon
Mes mots rempart un levier un pinceau
Ils sont mon pauvre tourbillon ma vérité
Calligraphie de mes sentiments agités
Ils sont ma respiration un petit grain de blé
Un poisson bouche ouverte vers l’immensité
Ils sont une réponse une pause un bras
Paysage qu’elle seule reconnaîtra
Elle saura que j’en suis l’auteur
Riant de toutes mes erreurs
Des feuilles de hêtre sur un tronc de platane
Elle me dira : « Tu dessines comme un âne ! »
Et elle m’embrassera attendrie
La tête sur mon épaule alanguie
Rêvant devant ce soleil couchant éternel
Que moi seul aura su créer pour elle

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